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Au secours Voltaire : introduction au site

Cela faisait de nombreuses années que je ne pouvais m’empêcher de noter avec agacement les multiples incohérences et petites absurdités de notre société contemporaine. Il y avait bien sûr le domaine inépuisable de ces règlements administratifs, souvent contradictoires, accumulés parfois sans la moindre nécessité si ce n’est cette manie de contrôler le moindre geste de la vie des citoyens. Mais il y avait aussi, dans le discours ambiant, cette tendance généralisée à privilégier la défense subjective d’un clan en annexant la raison à sa cause. Que ce soit à la télévision, dans les médias, et même dans les relations sociales de la vie quotidienne, bien peu de discussions se plaçaient sur le plan d’un échange honnête d’arguments. L’art de participer à un débat était devenu celui d’occuper le terrain en empêchant l’autre de parler. Et puis un jour, où une stupidité de plus, une stupidité de trop, était venue frapper mes oreilles, comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, du plus profond de moi avait jailli ce cri :

« Au secours Descartes, au secours Voltaire, ils sont devenus fous ! »

Pourquoi Descartes, pourquoi Voltaire ?

Depuis mon enfance, aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours été attiré par les mathématiques. A cinq ans, je réalisais mon premier exploit en comptant jusqu’à mille sans perdre le fil ! Élevé à l’école de la science, je découvris plus tard avec émerveillement cette manière rigoureuse de représenter l’espace à laquelle Descartes a attaché son nom. Avec Descartes, Pascal, Fermat et bien d’autres, le 17éme siècle, a vu le triomphe des Mathématiques comme langage propre à représenter le monde physique. Le raisonnement mathématique a apporté aux scientifiques l’outil permettant de développer une vision objective des phénomènes de la Nature, c’est-à-dire s’imposant à tout esprit sain et de bonne foi. La Vérité mathématique remplaçait le Dogme, et les savants pouvaient se mettre d’accord par l’échange d’arguments plutôt que par les batailles claniques entre écoles ennemies.
Et Descartes est resté pour moi le symbole de cette rigueur de raisonnement qu’on a appelé l’esprit cartésien.

Dans le prolongement de ce succès, l’élite intellectuelle du 18éme siècle a eu l’ambition d’étendre cette approche gouvernée par la raison au domaine des idées dans son ensemble, qu’il s’agisse de la philosophie, de l’organisation de la citée, et de toutes les disciplines humaines qui ont pour vocation de créer, sur des sujets spécifiques, des territoires de rencontre et d’échanges conceptuels entre les hommes. La Raison a ainsi été érigée en juge suprême qui s’impose à tous, remplaçant un Dieu tout puissant qui, par sa transcendance, imposait aux hommes le bien, le vrai, le juste.
Cette idée fondatrice du Siècle des Lumières a aussi eu pour ambition de substituer aux rapports de force des rapports de raison. Avant, il était facile pour chaque clan d’annexer Dieu à sa cause, et en définitive, la raison du plus fort était toujours la meilleure. Avec les Lumières, les conflits devenaient résolubles par la discussion, pour peu que les protagonistes aient ce minimum de bonne foi qui est, selon Luc Ferry, la première des vertus.1

La citation qui, pour moi, illustre le mieux ce nouvel état d’esprit, est cette phrase, attribuée à Voltaire, à l’adresse d’un de ses contradicteurs en butte à la censure royale :
« Je combats vos idées parce que je les crois fausses, mais je serai toujours à vos côtés pour défendre votre droit à les exprimer. » 2
Voltaire représente ainsi pour moi la figure emblématique de ce XVIIIéme siècle dont j’admire tant les idées.

Le rêve de ces nouveaux honnêtes hommes du XVIIIéme siècle allait-il ouvrir à l’humanité une ère de relations apaisées entre les hommes ?

Hélas, il n’en fut rien.

En prélude au XIXéme siècle, la Révolution triomphante a dû se défendre par les armes pour protéger ses acquis menacés par les régimes autocratiques ligués contre elle. Ensuite, avec la reprise en main de Napoléon, cette puissance militaire est devenue plus offensive avec l’objectif déclaré d’imposer à l’Europe les idées libératrices de la Révolution. La force s’était, en quelques sortes, mise au service de la Juste Cause, car, en dépit de son esprit guerrier, c’est ainsi que le petit caporal concevait, à l’origine, sa mission historique.

A la chute de Napoléon, les monarchies de retour ont dû malgré tout se plier à des régimes constitutionnels, marquant par là que les idées du XVIIIéme siècle s’étaient durablement installées dans les mentalités.

Malheureusement, l’avènement de la société industrielle, en bouleversant l’ordre social, a remis au centre des conflits les rapports de force comme arme de lutte pour faire triompher sa cause. Karl Marx a été le principal initiateur de ce retournement, même si le monde industriel naissant a provoqué cette régression par son comportement de « renard » imposant sa loi dans le poulailler.

Les milieux dirigeants, oubliant toute l’empathie qu’aurait pu leur inspirer les valeurs chrétiennes pourtant partie intégrante de leur éducation bourgeoise, s’étaient laissés aller à la pente facile de l’exploitation de cette masse ouvrière vulnérable, enrôlée au service du « progrès » industriel.

Devant cet état de fait, le constat de Marx a été que la Bourgeoisie Industrielle, abusant de sa position dominante, imposait la prééminence de ses intérêts aux ouvriers condamnés à subir leur sort pour ne pas tomber dans la misère. Convaincu que, devant un tel déséquilibre, la raison n’avait aucune chance de faire triompher la justice sociale, Marx a dit en substance aux ouvriers : utilisez les armes de vos ennemis, unissez-vous pour opposer à la domination des patrons la force de votre coalition. Les conflits sociaux ont ainsi remis les rapports de force au centre du jeu.

La fin du XIXéme et tout le XXéme siècle ont été dominés par l’omniprésence de la force comme acteur principal dans la résolution des conflits.

Il y eut les guerres assassines, bien sûr, mais aussi la perpétuation de cette idéologie de combat dans les conflits sociaux. Et même jusqu’à nos jours, la culture syndicale est restée imprégnée de cet esprit de lutte, à tel point que les « négociations » entre partenaires sociaux ne sont, en définitive, que des bancs d’essai pour tester le rapport des forces en présence, des sortes de joutes entre délégués de chaque clan, préfigurant l’issue d’une bataille en vrai grandeur3 . La sagesse se limite ici à faire l’économie de combats bien plus meurtriers, par un « compromis » raisonnable, qui n’est que le résultat de la prise de conscience, par chaque partie, de la conclusion prévisible de tels combats, compte tenu des forces en présence. En définitive, c’est encore le plus fort qui fait pencher la balance du côté de ses intérêts, même si l’ « arrangement » consiste à donner à chacun des satisfactions sur certains points auxquels l’autre accorde moins d’importance, ce qui est déjà un progrès.

Même si, dans la forme, la présentation de points de vue argumentés est devenue un passage obligé, la raison reste, de fait, écartée de la discussion, car le but de cette « dialectique » n’est pas de déterminer ensemble la solution objectivement la plus raisonnable, mais de déstabiliser l’autre dans sa propre logique pour gagner l’affrontement conceptuel. La bataille a toujours lieu, mais ce sont les armes qui ont changé. On se bat à coup de projectiles conceptuels, et la destruction physique de l’autre n’est plus à l’ordre du jour. C’est en quelques sortes, un combat entre Horaces et Curiaces à fleurets mouchetés.

Ce détournement de la raison à des fins partisanes est une perversion de l’esprit du XVIIIéme siècle, qui espérait que les hommes pourraient se placer au-dessus des points de vue partisans pour juger, du haut de l’Olympe du dieu Raison, ce qui objectivement paraissait le plus juste.

Je n’ignore pas les progrès réalisés depuis les siècles passés, mais je déplore l’omniprésence de ces atteintes à la raison la plus élémentaire, qui quotidiennement viennent frapper nos esprits, comme une pollution persistante de notre monde contemporain.

Ce site a pour vocation de faire ressortir ces multiples absurdités, petites ou grandes, qui peuplent notre environnement, dans l’espoir très freudien qu’avec cette prise de conscience, elles deviennent inacceptables pour nous, et donc que leurs auteurs soient, d’instinct, incités à en freiner la prolifération.

Bien sûr, tous les domaines de l’activité humaine ne relèvent pas de la Raison, et il ne s’agit pas de vouloir tout rationaliser. Ce qui fait la valeur de la nature humaine, c’est ce mélange de sensibilité, d’affectivité et d’intuition qui donne à l’homme en tant qu’individu cette profondeur infinie qui plonge jusqu’à l’indiscernable, combiné à cet esprit de raison qui crée des territoires conceptuels de socialisation et d’échanges sans lesquels la société humaine n’aurait pas pu se développer.

Philippe VINCENT
Polytechnicien (X61), docteur ès Sciences Mathématiques, patron de PME et … « ami de la sagesse »

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[1] Dans toute démonstration mathématique, on part de postulats acceptés par tous, et on déduit par le raisonnement des conséquences qui en découlent inéluctablement. En physique, on se base sur des Principes établis par l’expérience et qui, appliqués au cas de figure étudié, se traduisent par l’explication de phénomènes observés ou leur prédiction. Le même schéma de raisonnement a été transposé par les penseurs du 18éme siècle au domaine de la vie publique, lorsqu’ils ont mis en avant les concepts  de Constitution et d’Etat de droit, base de toute discussion future :
Au départ, on se met d’accord sur un ensemble de principes généraux régissant chaque domaine, et quand, plus tard, vient le temps des controverses, on est tenu par ses acquiescements initiaux. Les discussions se passent à livre ouvert, chacun explicitant les arguments réels qui fondent son point de vue, et acceptant aussi l’éventualité de se laisser convaincre par les arguments de l’autre.
 
[2] Même si l’attribution de cette phrase à Voltaire est contestée – je l’ai moi-même retranscrite à ma manière -, elle est restée comme représentative de sa pensée.
 
[3] à la manière des Horaces et des Curiaces promus champions de leurs Citées respectives pour trouver une issue moins sanglante à la guerre qui se préparait
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Le Pire n’est pas sûr !

Le pire n’est pas sûr,

et c’est pour ça qu’il faut tout faire pour qu’il n’advienne pas !

Souvent, ceux qui disent « le pire n’est pas sûr » le disent pour se rassurer. C’est une variante de la méthode Coué. On calme son angoisse, sa peur de l’avenir, en s’autosuggestionnant. Comme l’autruche qui, cachant sa tête dans le sable, se persuade qu’aucun danger ne pointe à l’horizon.

La version que je propose est au contraire une invite à positiver cette angoisse.

Si le pire était sûr, à quoi bon tenter de résister à l’inéluctable?

C’est donc parce que le pire n’est pas sûr qu’il est opportun d’agir. C’est le moment de se remuer pour saisir la chance, fut-elle minime, de conjurer le sort. Je suis donc poussé à examiner lucidement la situation, car c’est cette lucidité tranquille qui permettra le mieux de trouver l’éventuelle parade au coup du sort qui semble me frapper.

La vie, dans son imprévisibilité, garde toujours quelques hasards inattendus, pourvu que nous soyons attentif à les saisir dès qu’ils apparaissent.

Philippe D. VINCENT

www.ausecoursvoltaire.fr

 

 

 

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MACRON en marche vers le Pouvoir Absolu?

Pour obtenir l’article sous forme de fichier Word, cliquer ici  Article_MACRON_VcourteX

A diffuser sur les réseaux sociaux sans modération!

(cette version VcourteX a été enrichie d’une gravure que j’ai dans ma chambre, évoquant une des heures de gloire de l’École, en 1848 lorsque les élèves se sont soulevés lors de la Révolution de 1848 pour sauver la République)

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MACRON : En Marche vers le Pouvoir Absolu ?

Par Philippe D. VINCENT

Polytechnicien, créateur d’Entreprises dans le numérique, Patron d’une PME à forte croissance, tout dans mon profil me destinait à être partisan d’Emmanuel Macron.

Et en même temps, élevé à l’École de la Science et de la Raison, je me suis toujours attaché à retrouver l’esprit du XVIIIé siècle dans l’interprétation des phénomènes que j’observe. Cela ne veut pas dire que tout soit rationnel, mais la raison doit être le guide qui encadre nos passions, ce que j’ai formulé dans l’aphorisme :

Toute Passion qui ne serait pas domestiquée par la Raison serait la porte ouverte à tous les fascismes,

Toute Raison qui ne se nourrirait pas de Passion ne serait qu’une terre aride incapable de porter de fruits.

A ce titre, l’observation du phénomène Macron m’a fait détecter, dans sa démarche, de graves erreurs potentiellement dangereuses pour notre Démocratie Républicaine.

Mes deux critiques majeures portent sur sa méthode et sur l’idée de base de son mouvement.

 

1-      La passion d’abord.

Dans un premier temps, Emmanuel MACRON a joué sur la séduction, l’émotion et l’affectivité pour s’attacher des partisans fidèles (en particulier, les jeunes), prêts à le suivre « par amour », dans toutes ses proclamations ultérieures ([i]). N’eût-il pas mieux valu partir de l’exposé de son programme, pour entrainer l’enthousiasme par l’adhésion à ses idées ?

Ce qui me gêne, dans cette prééminence de la passion, c’est que les régimes fascistes ont suivi la même méthode pour arriver au pouvoir. On se souvient des discours enflammés du Duce,  de la Marche sur Rome, de Juan Perón et sa madone Eva. On se souvient des mouvements de jeunesses sur lesquels les deux dictateurs se sont appuyés pour prendre le pouvoir.

Bien sûr, on ne peut a priori assimiler MACRON à un fascisme, mais cette proximité de méthode est dérangeante pour quelqu’un qu’on ne connait pas vraiment. On peut imaginer le scénario catastrophe d’un glissement progressif vers un pouvoir personnel fascisant :

Après les flonflons, le Président Macron se retrouve confronté au réel. Il ne peut tenir ses promesses démagogiques. E.M. se raidit. Avez-vous remarqué comme son sourire enjôleur se métamorphose en un regard dur qui fait frémir, quand on lui tient tête, comme Léa Salamé lors du débat sur France 2 du 6 avril ? Cet homme ne supporte pas la contradiction !

Après avoir attiré les jeunes en mal de reconnaissance et les vieux en mal de recyclage, avec ses « je vous aime farouchement » (qui voulaient dire en réalité « aimez-moi farouchement »), viendra le temps des « Au secours mes amis, ils veulent nous empêcher de sauver la France ».

C’est ainsi qu’arrivent les fascismes. Il y a dans celui qui a pris pour initiales de son mouvement celles de son nom, les germes d’un pouvoir personnel autoritaire qui prétendra sauver le pays dans une Union Nationale Musclée. On sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça finit.

 

2-      Ni Droite, Ni Gauche, Ni centre !

L’idée de base du mouvement « En Marche » est de partir d’un constat : les citoyens en ont marre d’assister aux bagarres incessantes entre les représentants de la gauche, de la Droite, du Centre. On se dit : ne peuvent-ils se mettre d’accord sur la meilleure politique pour le pays ? Pour répondre à cette exaspération, Emmanuel MACRON propose de créer un grand Parti où toutes les sensibilités seraient représentées par des gens de bonne foi prêts à sauver le Pays.

C’est, malgré les apparences, une mauvaise idée car elle conduirait à un affaiblissement du Débat Démocratique.

Une fois En Marche au pouvoir, il n’y aurait plus lieu de discuter à l’assemblée entre les conceptions de Gauche, de Droite ou du Centre, puisque ces tendances seraient représentées à l’intérieur du « Mouvement ». Le Débat démocratique doit être public, et la structuration de l’Assemblée en Partis est une nécessité pour la transparence et la participation des citoyens à la conduite du pays  Avec MACRON, les discussions se feraient « en petit comité »…

Pire, la composition de la majorité Parlementaire se déciderait avant le vote, par les arbitrages internes à EM. L’opinion glisserait-elle à droite ou à gauche, elle n’aurait aucune manière de l’exprimer dans les urnes, puisqu’un seul nom serait proposé à chacun, au gré de sa circonscription. Et puis, les députés s’auto-reconduiraient tous les 5 ans, les décideurs restant les mêmes et la stabilité du Mouvement exigeant cette conservation des équilibres.

En amalgamant dans un même mouvement des courants de pensée aux logiques différentes, E.M. détruit ce qui constitue l’essence même de la Démocratie : le pluralisme transparent.

La Démocratie repose sur la structuration formelle de la diversité politique afin de rendre visible à tous les échanges d’arguments, et qu’ainsi les citoyens participent à ces débats. C’est une nécessité pour la cohésion nationale, pour éviter que le peuple ne se retrouve sous tutelle, le peuple qui, en Démocratie, est censé être la source du Pouvoir (article 3 de la Constitution).

Le plan de Macron, s’il se réalisait, conduirait de facto à cette confiscation au profit d’un président qui aurait dans ses mains tous les pouvoirs : ce serait un Coup d’État Permanent  instauré de fait  par un Macron autoproclamé Monarque éclairé.

La Démocratie n’est pas la délégation à un homme de la conduite du pays, quelles que soient ses qualités. L’idée de MACRON contient en germe l’instauration d’un régime de Parti Unique.

 

3 – Un peu d’humour : le Ratissage.

MACRON ratisse large, entend-t-on souvent. En réalité il fait plutôt penser à un rameur dans son canoé-kayak qui donne un coup de rame à droite, un coup à gauche … pour ramasser à la pelle le plus de soutiens possibles. Le français a un mot pour cette action désordonné des pagaies, la pagaille.

 

4 – Conseil d’ami.

Comme antidote au risque qui guette les chefs d’Entreprise de prendre la grosse tête, je me suis inventé un proverbe que je me récite tous les matins. Il marche aussi pour les hommes politiques, et je le dédie au chef du mouvement En Marche:

« Quand on marche en se regardant le nombril, on a toutes les chances de se casser la gueule ! »

Bonne chance et … attention à la marche !

 

Philippe D. VINCENT                                                          site : ausecoursvoltaire.fr

Polytechnicien (61),  Doc.es Sciences Math. (1969), Chef d’Entreprises (groupe INOVATIC)


[i] Lors d’un meeting d’EN MARCHE, Emmanuel MACRON, en pleine exaltation devant la foule, lâche, au milieu d’une tirade enflammée :

« Et puis je supprimerai le RSI ! ».

Tonnerre d’applaudissements, agitation frénétique de drapeaux, enthousiasme de la foule des jeunes placés au premier rang ! Bravo pour la scénographie !

Je me dis : combien de ces jeunes ayant au plus 23 ans, qui applaudissent à tout rompre, savent ce qu’est le RSI ! Si Emmanuel MACRON avait déclaré : « Et je supprimerai le RSA », j’imagine qu’ils auraient applaudi de la même manière

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MACRON : La fin de la Démocratie ?

Macron : La fin de la Démocratie ?

Par Philippe D. VINCENT

Polytechnicien, Chercheur en intelligence Artificielle, Créateur de Sociétés « High Tech » dans le domaine de l’Intelligence du Document, Patron d’une PME à forte croissance    (↗15 % par an depuis 15 ans, 30% de bénéfices… avant impôts !), tout dans mon profil me destinait à devenir un adepte d’Emmanuel Macron.

Mais, en même temps, élevé à l’École de la Science et de la Raison, écrivain à mes heures, adorant le débat d’idées, je me suis toujours insurgé contre l’irrationalité ambiante qui a envahie notre société. Passionné de philosophie, j’ai toujours cherché à réintroduire, dans le débat public, l’esprit de raison qui a dominé le XVIIIéme siècle, allant jusqu’à appeler mon site internet ausecoursvoltaire.fr.

M’étant posé depuis longtemps le problème de l’antagonisme entre passion et raison, j’ai appris à concilier ces deux concepts dans un rapport équilibré exprimé dans mon aphorisme préféré :

Toute Passion qui ne serait pas domestiquée par la Raison serait la porte ouverte à tous les fascismes

Toute Raison qui ne se nourrirait pas de Passion ne serait qu’une terre aride incapable de porter de fruits.

Et l’observation du phénomène Macron m’a fait détecter, dans son approche, de graves défauts potentiellement dangereux pour notre Démocratie Républicaine.

Mes deux critiques fondamentales portent sur sa méthode et sur l’idée de base de son mouvement.

1- La passion d’abord.

Dans un premier temps, Emmanuel MACRON a joué sur la séduction, l’émotion et l’affectivité pour s’attacher des partisans fidèles (en particulier, chez les jeunes), prêts à le suivre « par amour », dans toutes ses proclamations ultérieures (voir illustration en [i]).

N’eût-il pas mieux valu partir de l’exposé de son programme, pour entrainer l’enthousiasme par l’adhésion à ses idées ? N’a-t-il pas fait les choses à l’envers, en contradiction avec l’esprit du XVIIIé siècle qui a présidé à la création de notre Démocratie Républicaine moderne ?

Ce qui me gêne, dans cette prééminence de la passion, c’est que les régimes fascistes ont suivi la même méthode pour arriver au pouvoir. On se souvient des discours enflammés du Duce (issu du socialisme italien…). On se souvient de la Marche sur Rome. On se souvient aussi de Juan Perón et de sa « madone » Eva … On se souvient des mouvements des jeunesses péronistes ou mussoliniennes sur lesquelles les deux dictateurs se sont appuyés pour prendre le pouvoir (les jeunes ne sont-ils pas plus malléables, avec leur enthousiasme naturel peu averti des manipulations et pièges qui les guettent ?).

Bien sûr, il n’y a pas de raison a priori d’assimiler MACRON à un fascisme de droite, de gauche ou du centre, mais cette similitude de méthode est gênante pour le Candidat d’En Marche, que l’on ne connait pas vraiment.

On peut imaginer le scenario catastrophe d’un glissement progressif vers un pouvoir personnel fascisant :

Après les flonflons, le Président Macron se retrouve confronté au réel. Il ne peut tenir les promesses démagogiques qu’il a distribuées à droite, à gauche, à tout va. E.M. se raidit. Avez-vous remarqué comme son sourire enjôleur se métamorphose en un regard dur qui fait frémir, quand on lui tient tête, comme Léa Salamé lors du débat sur France 2 du 6 avril ? Cet homme ne supporte pas la contradiction !

Après avoir attiré les jeunes en mal de reconnaissance et les vieux en mal de recyclage, avec ses « je vous aime farouchement » (qui voulaient dire en réalité « aimez-moi farouchement »), viendra le temps des « Au secours mes amis, ils veulent nous empêcher de réformer la France ».

C’est ainsi qu’arrivent les fascismes, par une lente dérive à laquelle on ne prend pas garde. Il y a dans celui qui a pris pour initiales de son mouvement ses propres initiales, les germes d’un pouvoir personnel autoritaire qui prétendra sauver le pays dans une Union Nationale Musclée limitant les libertés pour la bonne cause de sauver la France. On sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça finit.

2- Ni Droite, Ni Gauche, Ni centre !

L’idée de base du mouvement « En Marche » est de partir d’un constat : les citoyens en ont marre d’assister aux bagarres incessantes entre les représentants de la gauche, de la Droite, du Centre, des extrêmes. On se dit : ne peuvent-ils se mettre d’accord pour la meilleure politique pour le pays ? Pour répondre à cette exaspération, Emmanuel MACRON propose de créer un grand Parti (même s’il l’appelle Mouvement) où toutes les sensibilités seraient représentées par des gens de bonne foi prêts à sauver le Pays.

C’est, malgré les apparences, une mauvaise idée, car elle conduirait à un affaiblissement du Débat Démocratique.

Une fois le Parti En Marche au pouvoir, il n’y aurait plus lieu de discuter à l’assemblée entre les conceptions de Gauche, de Droite ou du Centre, puisque toutes ces tendances seraient représentées à l’intérieur du « Mouvement ». Le Débat démocratique doit être public, et la structuration de l’Assemblée en Partis est une nécessité pour la transparence et la participation des citoyens. Avec MACRON, les discussions se feraient « en petit comité ».

De plus, la composition de l’Assemblée Nationale serait décidée par les arbitrages du Chef pour choisir les investitures proposées pour chaque circonscription (on n’imagine pas d’avoir trois candidats pour un même parti, représentant chaque courant présent dans le Mouvement E.M.). L’opinion glisserait-elle à droite ou à gauche, elle n’aurait aucune manière de l’exprimer dans les urnes, puisque le choix serait déjà fait pour chacun, au gré de sa circonscription. Nommer un responsable des investitures ne changerait rien à l’affaire, car une structure démocratique ne saurait dépendre de la bonne volonté d’un responsable. Et puis, les députés s’auto-reconduiraient tous les 5 ans, les décideurs restant les mêmes et la stabilité du Mouvement exigeant cette conservation des équilibres.

En amalgamant dans un même mouvement des courants de pensée aux logiques différentes, E.M. détruit ce qui constitue l’essence même de la Démocratie : le pluralisme transparent.

Tuer les partis traditionnels, c’est tuer la Démocratie !

La Démocratie repose sur la structuration formelle de la diversité politique afin de rendre visible à tous les échanges d’arguments, et qu’ainsi les citoyens participent à ces débats. C’est une nécessité pour la cohésion nationale, pour éviter qu’il ne se creuse un fossé entre les élites politiques et le peuple qui se laisserait mener par ces élites, le peuple qui, en Démocratie, est censé être la source du Pouvoir (article 3 de la Constitution).

Le plan de Macron, s’il se réalisait, conduirait de facto à cette confiscation du pouvoir du peuple au profit d’un président qui aurait dans sa main tous les pouvoirs : ce serait un Coup d’État Permanent institutionnalisé par un Macron autoproclamé Monarque éclairé.

L’idée de MACRON contient en germe l’instauration d’un régime de Parti Unique.

Ces réserves à l’encontre d’Emmanuel Macron ne signifient pas qu’il soit accusé de mauvaise foi ; ou que ses talents soient contestés ; ou que ses intentions soient suspectées. C’est simplement que la Démocratie n’est pas la délégation à un homme de la conduite du pays, fut-il d’une intelligence exceptionnelle. Une telle conception relèverait du Monarque éclairé.

La Démocratie, c’est la possibilité pour les citoyens d’infléchir l’orientation politique du pays selon l’évolution de la pensée majoritaire. Avec E.M. c’est lui qui déciderait de tenir compte ou non de cette évolution.

3 – Un peu d’humour : le Ratissage.

MACRON ratisse large, entend-t-on souvent. En réalité il fait plutôt penser à un rameur dans son canoé-kayak qui donne un coup de rame à droite, un coup à gauche, etc… , pour ramasser à la pelle le plus de soutiens possibles. Le français a un mot pour cet acte désordonné des pagaies : la pagaille.

4 – Conseil d’ami.

Comme antidote au risque qui guette les chefs d’Entreprise de prendre la grosse tête, je me suis inventé un proverbe que je me récite tous les matins. Il marche aussi pour les hommes politiques, et je le dédie au chef du mouvement En Marche:

« Quand on marche en se regardant le nombril, on a toutes les chances de se casser la gueule ! »

Bonne chance et … attention à la marche !

Philippe D. VINCENT                               site : ausecoursvoltaire.fr

Polytechnicien (61), doc.es Sciences Math. (1969), Chef d’Entreprises (groupe INOVATIC)

[i] Lors d’un meeting d’EN MARCHE, Emmanuel MACRON, en pleine exaltation devant la foule, lâche, au milieu d’une tirade:

« Et puis je supprimerai le RSI ! ».

Tonnerre d’applaudissements, agitation frénétique de drapeaux, enthousiasme de la foule des jeunes placés au premier rang ! Bravo pour la scénographie !

Je me dis : combien de ces jeunes ayant au plus 23 ans, qui applaudissent à tout rompre, savent ce qu’est le RSI! Si Emmanuel MACRON avait déclaré:

« Et je supprimerai le RSA ! »,

j’imagine qu’ils auraient applaudi de la même manière …

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Toujours nous partirons

 

Pour obtenir le texte sous fichier Word, cliquer sur ce lien : Toujours nous partirons

 

Toujours nous partirons

Demain nous partirons au pays des mirages
Où des trains alanguis par la torpeur du jour
Nous mèneront sans fin de village en village,
Toujours nous partirons !

Et puis nous partirons, chevauchant les nuages,
Les rayons du soleil, les vagues de la mer,
Poussés par les courants vers de nouveaux rivages,
Toujours nous partirons !

Jamais nous ne serons de ces gens « arrivés »
Qui, par un triste soir, ont posé leurs bagages,
Toujours nous partirons !

Un jour nous partirons pour le dernier voyage,
Nous partirons ensemble, emportés par le vent,
Au paradis rêvé des poètes d’antan.

Philippe D. VINCENT
Le 2 août 2005

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Rue Mouassine

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Rue Mouassine

Elle avançait les pieds dans l’eau,
J’ai vu la pluie sur son visage,
Elle avait cet air triste et beau
Qu’ont les oiseaux en cage.

Elle marchait à pas comptés,
Comme une ombre dans son sillage,
Elle marchait à ses côtés,
Triste comme une image.

Il était beau, elle était belle,
Ces deux-là auraient dû s’aimer,
Côte à côte dans la ruelle,
Leurs regards s’ignoraient.

Tête nue, elle s’avançait,
Les yeux perdus dans les nuages,
Un voile invisible murait
Le bas de son visage.

Je voulus sécher ce visage
D’un sourire à peine esquissé :
Je n’aime pas les paysages
Par la pluie abîmés !

Un instant nos yeux se croisèrent,
Et je crus voir dans ce regard
Une étincelle de lumière
L’espace d’un espoir.

Et puis la nuit l’a absorbée,
Cette nuit froide et assassine
Qui rôde dans l’obscurité
De la rue Mouassine.

Parfois, certains soirs de nuit noire,
J’entends encor dans ma mémoire
Ses pas résonner sans fin
Sur les pavés de son destin …

Philippe D. VINCENT, Marrakech le 29 octobre 2004

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Le Groupe INOVATIC

 

Le Groupe INOVATIC- Présentation et Résultats 2001 à 2016

 

Le Groupe INOVATIC

Présentation synthétique

La Sarl SYSIPHE (transformée depuis en SAS INOVATIC TECHNOLOGIES) a été créée en 1994 par Philippe VINCENT avec un actionnariat familial et un capital de 50 000 F (7620 €, inchangé depuis).

Sa vocation est le développement de logiciels dédiés à la Lecture Automatique de Documents (reconnaissance de caractères sur l’image scannée du document).

Sa filiale INOVATIC SERVICES a été créée en 2000, pour exploiter en service bureau un logiciel réalisé par sa maison mère et spécialisé dans la lecture automatique de bilans de sociétés (liasses fiscales CERFA et assimilées). Le logiciel se substitue, après scanning, à la saisie manuelle des données figurant sur le bilan papier, à un coût de sous-traitance réduit de moitié. Ces données sont utilisées pour réaliser, en aval, une analyse financière de l’entreprise.  Les clients sont des Banques qui sont tenues de pratiquer une analyse de risques sur leurs entreprises clientes, en application des préconisations internationales BÂLE 2 et 3.

Actuellement, INOVATIC SERVICES étend son activité à 70 banques ou caisses dépendant de trois groupes bancaires : les Banques Populaires, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel (plus de 555 000 bilans/an)[i]. Ses projets d’expansion s’orientent maintenant vers l’export en Europe (Belgique Espagne Italie Allemagne).

La Société a bénéficié de l’aide apportée par le Crédit d’Impôt Recherche de 2008 à 2010 …


[i] Mis à jour en mars 2017 (Résultats d’exploitation et Bénef  ap/impôts estimés pour 2016)

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La pensée du jour : Passion et Raison – 5/03/2017

Passion et Raison

Toute passion qui ne serait pas domestiquée par la raison serait la porte ouverte à tous les fascismes.

Toute raison qui ne se nourrirait pas de passions ne serait qu’une terre aride incapable de porter de fruits.

(Extrait de la Lettre à Télérama du 24 juin 2011 – voir catégorie ecologie)

Philippe D. VINCENT      Chef d’Entreprise

Créateur du site www.ausecoursvoltaire.fr

Doc. es Sciences Math.,  X 61,  membre des groupes X Auteurs, X Philo, X Sursaut

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Un Canard Antidémocrate ?

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Un Canard Antidémocrate ?

Par

Philippe D.VINCENT

www.ausecoursvoltaire.fr

Les journalistes bienpensants du Canard Enchainé sont persuadés qu’ils font, à travers leurs révélations sur les pratiques contestables du Candidat Fillon, œuvre de salut public au service d’une Démocratie qu’ils souhaiteraient exemplaire. C’est tout le contraire, et ce qui est visé dans ces attaques en rafale, ce n’est rien moins que l’esprit même de la démocratie !

S’ils avaient voulu, sincèrement, éliminer une brebis galeuse, il leur aurait été facile de la dénoncer avant les débats de la Primaire, et les électeurs auraient alors voté en connaissance de cause… Attendre que la Droite et le Centre soient « piégés », avec un candidat désigné démocratiquement mais devenu vulnérable par leurs révélations, c’est d’abord mépriser les millions d’électeurs qui ont apporté leurs suffrages à un courant de pensée auquel ils adhèrent, et c’est leur droit le plus fondamental. C’est, plus encore, brouiller volontairement le débat démocratique pour tenter d’éliminer un projet politique qui semble avoir la faveur d’une part importante des français, par une manœuvre de bas étage indigne de vrais démocrates.

Et que l’on ne nous dise pas que le Canard ne savait rien avant la Primaire, qu’on leur a distillé au compte-goutte les révélations fatidiques. Quand bien même, contre toute vraisemblance, ils prétendraient s’être faits manipulés, ils ajouteraient l’hypocrisie à la complicité antidémocratique !

On peut penser que, vicieusement, la manœuvre n’a pas pour but  d’atteindre le candidat dans son honnêteté, mais plutôt de l’empêcher d’expliquer son projet, tout préoccupé qu’il est de répondre aux accusations dont il est l’objet. Ce Projet serait-il si bon qu’il faille fuir le combat loyal de la confrontation des idées ? Serait-il si convainquant qu’il faille atteindre l’homme pour l’empêcher de parler ? Serait-il si cohérent qu’il faille couper la sono ?

Il y a nécessité impérieuse de mettre entre parenthèses les traces des attaques venimeuses qui polluent le déroulement de ces élections essentielles pour les années difficiles qui nous attendent. L’enjeu est si important qu’il y a urgence à revenir à la seule chose qui compte : quel projet pour la France de demain ?  Le projet est plus important que les hommes qui le portent ! Et c’est ce projet qu’on tente d’assassiner.

Philippe D.VINCENT

                                                                  Chef d’Entreprise                                                                   Polytechnicien, Doc.es Sciences

Créateur du site ausecoursvoltaire.fr

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La pensée du jour – 05/10/2016 Je suis Immortel !

Je suis immortel !

A 75 ans, les atteintes de l’âge ne m’ont pas encore frappé. Par nécessité, mais finalement aussi par plaisir, j’ai repris du service dans la société que j’ai créée.  J’ai retrouvé intacts mes talents d’innovateur et toutes mes capacités inventives dans mon domaine de prédilection : l’Intelligence Artificielle appliquée à la reconnaissance des formes et à l’extraction automatique de données dans les documents.

Cette impression que tout fonctionne comme avant me donne le sentiment bizarre d’une éternité temporelle, comme un immuable recommencement qui, dans mon ressenti sensoriel, n’a pas de raison de s’arrêter. Par expérience, je suis immortel !

Mon esprit est un peu comme la flamme d’une bougie.

La flamme ne peut avoir conscience que la bougie se consume : quand elle regarde la coupelle aux bords arrondis au centre de laquelle elle puise son énergie, elle la voit immuablement à la même distance puisqu’elle la suit dans son mouvement descendant. Pourquoi cet état stationnaire ne durerait-il pas ? Le plateau évasé de la bougie l’empêche de voir sa partie inférieure, entretenant cette illusion, et même lorsqu’elle se penche de côté, profitant d’un courant d’air pour tenter d’en apercevoir le fond, elle revient vite à sa position verticale, plus attirée par le ciel que par les vertiges mortifères de ces parois abyssales promptes à l’entrainer, dans un dernier souffle, vers l’extinction finale. Sauf accident, elle aussi se sent éternelle.

De cette impression bizarre qui, à chaque seconde renouvelée, contredit ma raison, j’ai tiré cette conclusion en forme d’aphorisme :

Je suis immortel, mais je sais que ça ne vas pas durer !

Philippe D. VINCENT  5 octobre 2016

Créateur du site www.ausecoursvoltaire.fr

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